Je m’appelle Marie-Jeanne Picard. J’ai 26 ans. Je suis journaliste au magazine féminin Mira. Je partage un fabuleux appartement avec le mec le plus attentionné de la Terre. Je vois ma meilleure amie et ma maman au moins une fois par semaine.
Tout pour être heureuse ? Non. Depuis un mois, je ne supporte plus les caresses de Charles, et nous ne faisons plus l’amour.
1- LA NOUVELLE
Lundi matin. Les résultats de mes analyses sont enfin arrivés.
Verdict : positif.
Une nuit, une seule fichue nuit et tout est gaché. Maintenant, la sentence est sans appel.
2- ADIEU CHARLES!
Lundi soir. Encore une heure à attendre avant le retour de Charles. Ma valise est prête. Je repose sur notre nouveau canapé en cuir blanc, que nous venons d’acheter ensemble à Confomara, une semaine auparavant.
J’entend ses pas dans le couloir. Voilà il arrive. Je respire profondément.
- Mary, j’aime quand il me donne ce prénom anglais, que fais ta valise près de l’entrée ?
Silence. Les larmes coulent sur ma joue.
- Marie-Jeanne, Je t’ai posé une question. Réponds moi !
Je sens de l’angoisse dans sa voix. Allez courage !
- Je pars chez Myriame ce soir.
- Pourquoi ?
Silence.
- Mary, je t’aime.
- Charles, je t’en prie, je ne reviendrai pas sur ma décision.
- Qu’est ce que j’ai fait ?
- Rien Charles. C’est moi. Restons amis tu veux bien ?
- Ami ? Mais Mary suis fou de toi. Tu veux partir ? Alors pars. Mais ne me demande pas l’impossible.
Je m’apprête à sortir.
- Mary, attends, donne moi au moins une explication.
- D’accord, Charles. Je t’ai trompé Charles. Je t’ai trompé !
- Avec qui ? Et puis non veux rien savoir. Tu me dégoûtes ! Vas t’en ! Sors de ma vue !
- Charles,…
- Non, Marie-Jeanne. Tu voulais t’en aller, non ? Ben pars ! Pars !
3- BONJOUR MYRIAME !
Je sonne à la porte. Myriame m’ouvre.
- Rentre ma puce, et raconte tout à Mimi.
On s’installe au salon.
- Oh Mimi, c’est fini avec Charles.
- Que s’est-il passé ?
- Je lui ai dit que je l’ai tompé.
- Mais avec qui et quand ?
J’éclate en sanglots. Myriame me prend dans ses bras. Je me calme enfin.
- Tu te rappelles le mois dernier quand on faisait notre soirée entre filles au night club ?
- Oui, me souviens. Non, ne me dis pas que c’est avec ce lourd, ce Pierre-Yves.
- Tu es partie plus tôt. Charles était chez ses parents dans le Sud. Je suis donc restée une heure ou deux. Puis je me suis sentie mal. J’ai donc pris l’air dehors. Il m’attendait. Après, trou noir. Je me suis réveillée chez lui, nue dans son lit, mes vêtements éparpillés sur le sol. Il n’était plus là. Je me suis rhabillée et suis partie. J’avais un horrible mal de tête.
- T’as bu de l’alcool après mon départ ?
- Non, que des cocktails de jus de fruit. C’est là que j’ai eu l’idée de me rendre à l’hôpital. Mimi, ils ont retrouvé une trace de drogue dans mon sang.
- Quelle drogue, ma puce ?
- La pillule du viol, Mimi. Ce salop m’a violé !
Myriame me serre contre elle. Nous pleurons toutes les deux.
- J’aurais jamais dû te laisser seule ma puce.
- Tu ne pouvais pas prévoir la suite des événements. De plus, Olivier était revenu plus tôt de voyage rien que pour te voir.
- C’est vrai. Il m’a préparé une sacré surprise ce soir là. Mais dis moi, tu m’as pas parlé d’avoir trompé Charles tout à l’heure ? Pourquoi lui avoir menti ?
- Je ne pouvais pas. Je me répugnais. Et maintenant, je ne peux plus.
Je recommence de plus belle. Les larmes ne s’arrêtent plus.
- Qu’y a-t-il ma puce ?
- Mimi, je suis……… je suis………….
- Allez calme toi, je suis là.
- Je suis séropositive Myriame. J’ai le Sida !
4- MIMI, LAISSES MOI DORMIR
Mecredi matin. Myriame est dans la chambre. Elle tire les rideaux pour faire entrer la lumière.
- Debout, paresseuse !
- Mi’, veut dormir.
- Et puis quoi encore ? Allez debout ! Tu retournes au boulot ce matin.
- Mi’, …
- Pas de discussion ! Je te donnes cinq minutes. Ton petit déjeuner est prêt.
Elle se tient près de la porte.
- Mimi.
- Quoi ?
- Merci.
- De rien, les amies sont faites pour être là quand on a besoin d’elles, non ?
5_ MAMAN, J’AI BESOIN DE TOI
Vendredi. 16h30. Je suis chez maman. Nous buvons du chocolat chaud, et mangeons des gâteaux, comme quand j’étais petite fille.
Après quelques minutes de silence, je me lance.
- M’man, j’ai quitté Charles.
- Quoi ? Il t’a trompé, Marie ?
- Non, M’man.
- Il n’a pas levé la main sur toi ? S’il a osé, je te jure ………
- Non, M’man. Charles ne ferait pas de mal à une mouche. Tu sais bien comment il est adorable avec moi.
- Alors qu’est-ce qu’il a fait ?
- Rien maman. C’est moi qui suis partie.
- Je ne comprend rien à ce que tu me racontes, ma fille. Tu l’aimais tellement.
- Et je l’aime toujours.
- Mais, alors qu’est-ce qui t’a pris, ma chérie ?
- Maman, on m’a violé.
Mes joues sont toutes humides.
- Oh, ma chérie. Charles t’as laissé partir ? Ce salopard, va m’entendre !
- Maman, il n’est pas au courant. Je n’ai pas eu le courage de lui dire. Il croit que je l’ai trompé.
- Tu devrais lui dire, il a le droit de savoir la vérité.
- Maman, ce n’est pas tout. Je suis……… Je suis séropositive.
J’éclate dans les bras consolateurs de maman. Elle, elle ne pleure pas. Elle veut se montrer forte devant moi.
- Ma chérie, maman est là, elle va prendre soin de toi.
6_ LE BOUQUET
Un an et trois mois plus tard. Lundi. 17h15. On sonne. Qui ça peut bien être ? C’est pas Myriame, elle a sa clé. J’ouvre. Un livreur se tient devant la porte, un bouquet de roses à la main.
- Vous êtes Marie-Jeanne Picard ?
- Oui, c’est bien moi.
- Ces roses sont pour vous. Veuillez signer ici, s’il vous plait.
Le livreur parti, je lis la carte : ” Mary, ta mère m’a tout raconté. J’aurais compris. Appelle moi. Charles.”
Je jette les roses dans la poubelle. J’hurle de toute mes forces : “je ne veux pas de ta pitié, Charles !”, avant de me laisser tomber sur le sol.
7_ SOURIE ET SAISIE TA CHANCE
Vendredi. 18h40. Aujourd’hui a été une bonne journée. Ma patronne m’a promu rédactrice en chef. D’ailleurs, pour fêter ma promotion, Myriame m’a donné rendez-vous dans notre café préféré, Le Café de Nicolas. Je m’y sens bien.
Mais comme toujours, Myriame est en retard. Je sors donc de mon sac un bouquin.
- Puis-je vous offrir un verre, Mademoiselle ?
Cette voix ne m’est pas inconnue. Normale, c’est la voix de Charles. Je lève la tête. Il se tient effectivement debout devant ma table.
- Que fais tu ici ?
- Myriame m’a dit que je te trouverai ici. Elle m’a également parlé de ta promotion. Félicitation !
Mimi, je te retiens !
- Merci. Tu peux t’en aller maintenant.
- Non ! Mary, tu ne te débarasseras pas de moi aussi facilement.
- Charles, pas de pitié, je t’en prie.
- Ce n’est pas de la pitié, mais de l’amour. Je t’aime, Mary.
- Charles, je suis malade.
- Je sais et alors ?
- Alors mon état va s’empirer au fil des années.
- Je m’en fout, Mary ! Je t’aime. Je veux prendre soin de toi.
- Charles,………
Il m’interrompt par un baiser passionné. Je l’aime tellement. Mes sentiments pour lui sont plus forts que la maladie. Je veux vivre avec lui.
- Je ne sais plus quoi dire.
- Dis moi seulement que tu veux me faire l’honneur d’être ma femme. Dis moi oui !
- Oui, mon amour. Ouiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!!!!!!
Mes yeux versent pour une fois depuis longtemps des larmes de joie.
- Oh, Mary ! Tu fais de moi l’homme le plus heureux. Tu sais quoi chérie, j’ai une idée. Je te promets, Mary, de t’apporter du positif, rien que du positif pour le reste de ta vie.
- Vous comptez vous y prendre comment, monsieur Normand ?
- Et si je commençais par vous embrasser torridement, madame Normand, Qu’en pensez-vous ?
Note de l’auteur : cette histoire m’a été inspirée la nuit dernière, alors que je luttais pour m’endormir.